Emoutures - Traitement thermique

Emoutures - La dureté d'une lame et sa mesure - Le traitement thermique

Le pouvoir de coupe d'un couteau dépend de l'acier utilisé pour la fabrication de la lame, mais également de la forme de l'émouture et du traitement thermique (trempe + revenu) qui a été appliqué.

Emoutures

L'émouture est la partie de la lame qui s'amincit progressivement, généralement sur les deux faces, jusqu'au taillant. Les formes d'émouture les plus fréquentes sur un couteau pliant sont l'émouture plate et l'émouture creuse.

L'émouture plate, ou "en V" (flat ground)

C'est la plus polyvalente.

L'émouture creuse, ou concave (hollow ground)

Elle permet au tranchant de rester mince plus longtemps, même après de multiples séances d'aiguisage. Revers de la médaille : l'émouture est relativement basse. Imaginez que vous coupiez une grosse pomme en tranches : en s'enfonçant, la lame écarte vite les chairs et peut les éclater. Pour cette raison, l'émouture creuse a aussi ses détracteurs.

Emoutures

L'émouture ciseau (chisel ground)

Un seul côté de la lame est émoulu. Une opération de moins pour le fabricant, et un tranchant plus aigu pour l'utilisateur. Par contre, l'asymétrie de la lame fait naturellement dévier le couteau lors de la coupe ; et le tranchant, mince, peut s'abîmer rapidement. On réserve souvent ce type d'émouture aux couteaux de cuisine japonais, ou aux "neck knives", petits couteaux droits portés autour du cou.

L'émouture bombée, ou convexe (convex ground)

Avec ce type d'émouture, le tranchant est naturellement obtus, donc durable. L'émouture bombée est particulièrement adaptée à un usage intensif en pleine nature ; elle a plus sa raison d'être sur un gros couteau droit de type "camp knife" que sur un couteau pliant.

La dureté d'une lame et sa mesure

Pour comparer la dureté des aciers de coutellerie, on utilise communément l'indice HRC, dit "de Rockwell".

La méthode de Rockwell consiste à appliquer deux forces successives (la deuxième étant plus importante que la première) à un cône de diamant, pour l'enfoncer dans la matière à tester. La différence de profondeur entre les deux empreintes laissées permet le calcul de l'indice HRC. Plus il est élevé, plus l'acier testé est dur.

De manière pratique, le fabricant peut utiliser des jeux de limes dont il connait par avance la dureté : une lime plus dure que l'acier va commencer à le rayer...

Les lames de couteaux "billent" fréquemment à 57-59 HRC. Le spectre s'étend d'environ 54 HRC, pour des couteaux à lame relativement tendre, à 65 HRC et plus... Score que seuls des aciers à haute technologe peuvent atteindre sans être exagérément cassants.

La dureté pour un couteau

L'acier est du fer combiné à du carbone en faible quantité. La présence du carbone confère à l'alliage une plus grande dureté, propriété essentielle pour une lame : sans elle, pas de tranchant durable.

Mais la dureté n'offre pas que des avantages :

  • une lame dure est difficile à affûter ;
  • une lame dure est cassante.
  • Le traitement thermique va chercher à concilier ces deux impératifs contradictoire : dureté et souplesse de la lame.

    Le traitement thermique : l'art du 2 en 1

    1ère étape : la trempe

    L'acier brûlant est refroidi brutalement dans un fluide (eau, huile...) pour gagner en dureté. La trempe peut être "sélective" : seule la partie inférieure de la lame est plongée dans le fluide.

    2ème étape : le revenu

    L'acier est ensuite réchauffé pour que la lame gagne en résilience, ce qui lui permet de mieux supporter les chocs.

    Une affaire de spécialistes

    Le traitement thermique agit sur l'agencement des atomes de fer et de carbone. Température de l'acier au moment de la trempe, température du bain, température et durée du revenu sont autant de paramètres critiques, variables d'un acier à l'autre.

    Bien maîtrisé, le revenu va permettre d'ajuster avec précision le degré de dureté souhaité.

    Un forgeron aura comme points de repère les changements de couleur de l'acier.

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